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Au Burkina Faso comme dans d’autres pays africains, on assiste à une floraison des marchandises de secondes mains en provenance généralement de l’Europe. Aujourd’hui à Ouagadougou, presque tous les coins de rue sont inondés par ces articles.


Un tour dans les lieux de vente de ces produits communément appelé « France au revoir », suffit pour se rendre compte de l’engouement que ces marchandises suscitent au sein des populations. Un phénomène relativement nouveau draine des foules sur les bas-côtés des routes. Il s’agit des camions chargés d'appareils électroménagers et électroniques, avec divers autres articles, les ustensiles de cuisine, les friperies de tous genres, ( des pantalons, chemises, robes et tee-shirts, des sous-vêtements, etc. ). Des gens agglutinés autour des camions, curieux et habitués prêts pour bondir sur les « merveilles » venus d’Europe à prix d’or et rares, qu’on ne trouve que dans ces milieux.


Pourquoi les burkinabè préfèrent les articles d’occasion ?

De nos jours, l’engouement autour des articles d’occasion au Burkina Faso est dû au fait que le plus souvent ceux-ci sont de qualité supérieure à certains articles neufs.
La majorité des Burkinabè bien qu’ayant un revenu moyen très limité, aspire à une vie plus ou moins descente. Ce qui explique que bon nombre accoure vers les articles d’occasion.
Les plus prisés sont surtout les véhicules, les appareils électroniques et électroménagers, le consommable informatique, les effets d’habillement, les meubles et les jouets.


Le marché de véhicules d’occasion au Burkina Faso

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Une véritable économie se développe dans le secteur de la vente des véhicules d’occasion ou de seconde main au Burkina Faso. De plus en plus de Burkinabè rêvent de voitures. Non pas forcément pour le luxe, mais par mesure de sécurité et de prudence.

Le prix du neuf étant inaccessible à la bourse des Burkinabé moyen, ceux-ci se sont rabattus sur les véhicules d’occasion. Ces voitures proviennent généralement de l’Europe, notamment la France, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie et se retrouvent au Burkina Faso en transitant par le port autonome de Lomé (principale porte d’entrée de véhicules d’occasion à destination du Burkina Faso), de Tema, d’Accra, et de Cotonou. Des Mercedes, des Toyota, des Nissan, des Hyundai, des Mitsubishi ou des Ford, on en trouve de tous les modèles en de nombreux endroits des grandes villes comme Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou.

Ce phénomène a contribué à une augmentation considérable du parc automobile national. Il favorise aussi et surtout une importante entrée de devises pour le Trésor public burkinabè.

Les prix varient entre 1 et 15 millions de FCFA voire plus, en fonction de l’âge, généralement compris entre 05 et 10 ans. Plus la voiture est vieille, plus elle coûtera moins chère. Par exemple, un véhicule de marque Mercedes 190 de 1990 ou 1992, peut s’obtenir autour de 1,5 à 2 millions de FCFA. Mais pour une voiture récente de 2009 ou 2010, il faudra débourser au moins entre 6 et 7 millions de FCFA.


Les risques du marché de l’occasion


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En ce qui concerne le marché de véhicules d’occasion, les acteurs du domaine évoquent des difficultés liées aux longues formalités administratives, aux frais de dédouanement, et à l’accès aux prêts bancaire. Tous ces éléments font que beaucoup de vendeurs de véhicules d’occasion évoluent dans l’informel. Ce qui fait que les plaintes pour escroquerie sont souvent légion.
Pour les autres articles tels que ceux de l’électronique ou de l’électroménager, la possibilité n’est pas toujours donné à l’acheteur d’essayer l’article avant de payer ; ce qui se dit dans le jargon « acheter tout risque ».
Il y a donc lieu d’assainir le secteur et de veiller au respect de la réglementation surtout en tenant compte de la protection de l’environnement.