A l'instar des autres pays de la sous-région ouest africaine, le Burkina Faso s'est engagé dans un processus national de déploiement de l'Internet, avec tout de même une approche un peu particulière, afin de lutter contre la pauvreté et la récession économique grandissante.
La connexion à l'Internet a été rendu accessible depuis 1996 au large public par l'ONATEL à travers la filiale FASONET crée spécialement à cet effet. Depuis lors, ce réseau s’est développé de façon exponentielle malgré les difficultés techniques.
Une cyber stratégie nationale a été adopté en 2004 pour servir de levier aussi bien pour la politique nationale de bonne gouvernance que pour le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP). Il s’agit de mobiliser le potentiel des TIC en faveur du développement économique et social du pays.


L’intégration de l’internet dans l’administration publique burkinabè


Déjà, dans les années 97, un réseau administratif a été installé par la Délégation Générale à l’Informatique (DELGI) sous la dénomination de RESINA (Réseau informatique national de l'administration) en vue de permettre aux agents et aux services de l'Etat de se connecter gratuitement à l'Internet depuis leur lieu de travail.
Le RESINA actuel, outre la possibilité offerte aux structures centrales et déconcentrées de l’Etat d’utiliser les applications métiers de l’Administration, offre également d’autres services notamment:

  • la navigation sur Internet grâce à une connexion sécurisée et permanente ;
  • l’accès facile aux sites web de l’Administration, hébergés par l’ANPTIC (Agence Nationale de Promotion des TICs). (Ces sites restent disponibles, à travers ce réseau, même en cas de rupture de la connexion à l’international);
  • l’accès facile à la plateforme de messagerie de l’Administration ;
  • le partage de différentes ressources (fichiers, imprimantes, etc.) ;
  • la téléphonie sur IP qui permettra, à terme, à l’Administration de communiquer sans frais en interne, source d’économies substantielles.


L’intégration des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans le quotidien des burkinabè


Les TICs, plus qu’un outil de travail fait aujourd’hui partie de la vie d’une grande partie de la population burkinabè. Cela est facilité par l’effort croissant des différents acteurs publics et privés à s’investir pour la disponibilité du matériel, des applications mais aussi des infrastructures des TICs.
En effet, en dehors de l’administration publique, l’internet était disponible dans quelques cybercafés des grandes villes telles que Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou. Le rapport 2007 du Ministère en charge des TIC dénombrait 113 cybercafés dans tout le pays. Cependant, le coût de la connectivité internet est devenu de plus en plus bas au fil des années. Ce qui a permis à la population d’avoir la connexion internet, non seulement dans les bureaux et les cybercafés, mais aussi à domicile.
Par ailleurs, le rapport 2011 de l’ARCEP (l’Autorité de Régulation des Communications Electronique et des Postes) enregistrait quarante-cinq (45) fournisseurs d’accès à internet, même si seulement une dizaine est réellement active. Les débits offerts par ces fournisseurs d’accès à internet vont de 128 Kbps à 2 Mbps en mode dédié ou partagé.
Avec l’expansion de la téléphonie mobile et la technologie 3G, la plupart des burkinabè ont un téléphone portable, un smart phone ou une tablette avec lequel ils peuvent accéder à l’internet.
L’accès à internet n’est donc plus à considérer comme un luxe pour les Burkinabè, mais comme un outil de travail.
Cette disponibilité du réseau internet a favorisé l’apparition d’une nouvelle économie basée sur des échanges numériques appelés économie numérique.
Parmi ces échanges, on peut noter la location et la vente de matériels de tout genre sur internet, à travers les sites d’annonces tel que watibala.com.


La règlementation des technologies de l'information et de la communication (TIC) au Burkina Faso

Au Burkina Faso, plusieurs lois interviennent dans le domaine des TICs, notamment : 

  • Loi 045-2009/AN du 10-11-2009 portant réglementation des services et transactions électroniques au Burkina Faso ;
  • Loi 061-2008/AN portant réglementation générale des réseaux et services de communication électroniques au Burkina Faso ;
  • Loi 010-2004/AN du 20-04-2010 portant protection des données à caractère personnel ;
  • Directive C/DIR/1/08/11 du 19 Août 2011 portant lutte contre la cybercriminalité dans l’espace de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest).
  • Règlement N°15/2002/CM/UEMOA relatif au système de paiement dans les Etats membres de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africain).

Ces textes de lois sont disponibles sur www.legiburkina.bf